dos


dos

dos [ do ] n. m.
• 1080; lat. pop. dossum, class. dorsum, appliqué surtout aux animaux, et qui a éliminé tergum
I
1Partie du corps de l'homme qui s'étend des épaules jusqu'aux reins, de chaque côté de la colonne vertébrale. Être large de dos. carrure. Dos droit, voûté. Avoir mal au dos ( dorsalgie) . Déformation du dos. bosse, cyphose, lordose, scoliose. Sac à dos. Le « dos plat qu'on voit aux nymphes des fontaines d'Italie » (Colette).
Courber le dos ( 1. échine) ; fig. céder, se résigner. En avoir plein le dos. Avoir bon dos : supporter injustement la responsabilité d'une faute, servir de prétexte. Sa femme a bon dos. Avoir le dos large : supporter patiemment les reproches, les moqueries. — Être le dos au mur.
♢ TOURNER LE DOS (à qqch., à qqn) :se présenter de dos. Les acteurs ne doivent pas tourner le dos au public. Le dos tourné à la porte : le dos faisant face à la porte. Fig. Dès qu'il a le dos tourné, dès qu'il s'absente un instant. — Tourner le dos à qqn, pour échapper ou pour couper court à un entretien; fig. cesser de le fréquenter, en marque de réprobation, de dédain, de mépris. « Le médecin qui déclare la guerre à ses clients et leur tourne le dos » (Suarès). abandonner, dédaigner. Par ext. Tourner le dos à qqch. : marcher dans une direction opposée à celle que l'on veut ou que l'on doit prendre. Le village n'est pas dans cette direction, vous lui tournez le dos. « Il lui semblait qu'en s'éloignant d'eux, c'était à sa chance qu'il tournait le dos » (Romains).
♢ À DOS : derrière soi. Avoir l'ennemi à dos, prêt à attaquer par-derrière. — Loc. Se mettre qqn à dos, s'en faire un ennemi.
♢ AU DOS : dans le dos, sur le dos. Mettez les mains au dos. Partir sac au dos pour une randonnée.
DANS LE DOS. Porter ses cheveux dans le dos. Robe décolletée dans le dos. Tirer dans le dos. Loc. Passer la main dans le dos à qqn, le flatter. Faire, donner froid dans le dos. Agir dans le dos de qqn, par-derrière, sans qu'il le sache. Fam. Faire un enfant dans le dos à qqn, lui faire un mauvais coup à son insu.
♢ DE DOS : du côté du dos (opposé à de face). Se voir de dos. C'est elle, vue de dos, montrant le dos.
DERRIÈRE LE DOS. Cacher qqch. derrière son dos. Fig. Faire qqch. derrière le dos de qqn, sans qu'il en soit averti, sans son consentement.
DOS À DOS. Placer deux personnes dos à dos, chacune tournant le dos à l'autre. Fig. Renvoyer deux adversaires dos à dos : refuser de donner l'avantage à l'un ou à l'autre.
SUR LE DOS. Se coucher, s'étendre, se mettre, s'allonger sur le dos. Tomber sur le dos, à la renverse. S'appuyer sur le dos. s'adosser. « Une mitrailleuse sur le dos, des grenades à la main » (Mac Orlan ). Se laisser manger la laine sur le dos. Casser du sucre sur le dos de qqn. Tomber sur le dos de qqn, l'attaquer par-derrière. Mettre qqch. sur le dos de qqn, l'en accuser, l'en rendre responsable. ⇒ charger, rejeter (sur) (cf. Faire porter le chapeau). « Tout ce qu'on mettait sur leur dos pour justifier des mesures de répression dont on avait besoin » (Romains). Être toujours sur (derrière) le dos de qqn, surveiller ce qu'il fait. « Il faut être constamment derrière eux [...] on se figure que ça les empêche de bien travailler, qu'on soit toujours là sur leur dos » (Sarraute). N'avoir rien à se mettre sur le dos : ne pas avoir de quoi s'habiller. Jeter un vêtement sur son dos, sur ses épaules.
2Face supérieure du corps des animaux. Chat qui fait le gros dos, qui bombe le dos en raidissant les pattes postérieures. Dos d'un lapin, d'un lièvre. 2. râble. Monter sur le dos d'un cheval. Transport à dos de mulet, de chameau. Dos d'âne.
IIPar anal.
1Partie d'un vêtement qui couvre le dos. Manteau à dos ample, plissé. Assembler le dos et le devant d'une jupe. Un dos-nu : vêtement de femme dégageant largement le dos. Des dos-nus.
2Dossier (d'un siège). Le dos d'une chaise.
3Partie supérieure et convexe. Dos et paume de la main. Dos du nez, de la langue. Dos d'une fourchette, d'une cuillère, partie extérieure de l'extrémité utilisée. Ne pas y aller avec le dos de la cuillère. Dos d'une colline.
4Côté opposé au tranchant. Dos d'une lame, d'un couteau.
5Partie d'un livre qui unit les deux plats (opposé à tranche). Titre au dos d'un livre. Dos à nerfs.
6Envers d'un papier écrit. verso. L'endroit et le dos de la feuille. Mettre son adresse au dos d'une enveloppe. Signer au dos d'un chèque ( endosser) . Voir au dos.
⊗ CONTR. Ventre; face. ⊗ HOM. Do.

dos nom masculin (latin populaire dossum) Face postérieure du tronc de l'homme, des épaules aux reins. Chez les vertébrés autres que l'homme, moitié dorsale du tronc, sise entre la nuque et la queue et proche de la colonne vertébrale ; chez les quadrupèdes domestiques, région dorsale située entre le garrot et les reins. Partie d'un vêtement qui couvre le dos. Dossier d'un siège. Partie supérieure convexe de quelque chose : Le dos d'une cuiller. Le revers, le verso : Une photo avec une date au dos. Reliure Dans un volume broché ou relié, partie opposée à la tranche de gouttière. (Le dos reçoit le titre du livre.) Sports Style de nage qui se caractérise par la position d'équilibre dorsal du nageur, le visage étant émergé. (Forme la plus rapide, le dos crawlé se caractérise par des battements de jambes associés à des actions propulsives alternatives des bras.) [On dit aussi nage sur le dos.] ● dos (expressions) nom masculin (latin populaire dossum) Le dos d'un rasoir, d'un couteau, la partie opposée au tranchant. À dos de, monté sur le dos d'un animal : Une promenade à dos de chameau. À plat dos, sur le dos, complètement allongé sur le dos. Avoir bon dos, servir de prétexte, être accusé, mis en cause à la place de quelqu'un, de quelque chose d'autre. Avoir le dos tourné, être tourné de façon à présenter le dos ; avoir fait les premiers pas pour s'en aller ; ne plus surveiller attentivement. Avoir quelque chose dans le dos, l'avoir derrière soi. Avoir quelque chose, quelqu'un sur son dos, avoir la charge de quelque chose, de quelqu'un, devoir s'en occuper et trouver cela pénible. Dans le dos, derrière le dos de quelqu'un, à son insu. De dos, vu du côté du dos, par opposition à de face. Dos à dos, se dit de deux personnes placées de telle façon que le dos de l'une touche le dos de l'autre. En dos d'âne, qui présente deux inclinaisons opposées : Pont en dos d'âne. Être sur (derrière) le dos de quelqu'un, le surveiller sans relâche, le harceler. Populaire. Faire à quelqu'un un enfant dans le dos, agir à son insu alors qu'il aurait dû être consulté. Faire des bénéfices sur le dos de quelqu'un, faire son profit de ce dont on le lèse. Faire le gros dos, en parlant du chat et de quelques autres animaux, relever le dos ; laisser passer un orage, une difficulté sans rien faire. Populaire. L'avoir dans le dos, échouer, se tromper dans ses espérances. Mettre quelque chose sur le dos de quelqu'un, de quelque chose, considérer qu'ils en sont à l'origine, qu'ils en sont responsables. Mettre, renvoyer dos à dos deux personnes, deux parties, ne pas prendre parti dans leur débat. N'avoir rien sur le dos, ne pas avoir de vêtements suffisamment chauds sur soi, ou être dévêtu. Familier. Se laisser manger (tondre) la laine sur le dos, se laisser exploiter. Se mettre quelqu'un à dos, se faire de lui un ennemi. Tomber sur le dos de quelqu'un, se précipiter sur lui pour le battre ou arriver chez lui à l'improviste ; être mis à sa charge, en parlant d'un événement fâcheux. Tourner le dos, quitter brusquement quelqu'un avec impolitesse ; cesser de le voir pour marquer du mépris, de la réprobation ; aller dans le sens inverse du but qu'on se proposait d'atteindre. Bureau (à) dos d'âne, petit bureau à abattant (en pente en position fermée), dit encore bureau à pente ou à dessus brisé. ● dos (homonymes) nom masculin (latin populaire dossum) do nom masculin do nom masculin invariable

dos
n. m.
rI./r
d1./d Partie arrière du corps de l'homme, comprise entre la nuque et les reins. Avoir le dos plat, voûté. Sac à dos.
Faire le gros dos: arrondir le dos en rentrant la tête, pour se protéger.
|| Loc. fig. Avoir bon dos ou (Québec) avoir le dos large: se dit d'une chose ou d'une personne sur laquelle on se décharge des responsabilités qu'on ne veut pas reconnaître.
Courber le dos: se résigner, céder.
(Afr. subsah.) Fam. Faire le gros dos: faire l'important.
Fam. En avoir plein le dos: être excédé.
|| Tourner le dos: s'en aller.
|| Tourner le dos à qqn, à qqch, présenter son dos à. Il tournait le dos au nouveau venu. La plage n'est pas par là, vous lui tournez le dos.
Fig. Abandonner (qqn). Il est devenu si irascible que ses amis lui ont tourné le dos.
|| à dos de: sur le dos de. Ces pierres ont été transportées à dos d'homme.
Fig. Se mettre qqn à dos, s'en faire un ennemi.
|| Au dos: sur le dos. Il est parti sac au dos.
|| Dans le dos: le long du dos. Les cheveux dans le dos.
Fig. Donner froid dans le dos: effrayer, horrifier.
Fig. Agir dans le dos de qqn, à son insu, sournoisement.
(Belgique) Fam. Parler sur le dos de qqn: dire du mal de qqn.
|| De dos: du côté du dos (par oppos. à de face). Apercevoir qqn de dos.
|| Dos à dos: dos contre dos. On les plaça dos à dos pour savoir lequel était le plus grand.
Fig. Renvoyer dos à dos deux adversaires, ne donner raison ni à l'un ni à l'autre.
|| Sur le dos. Dormir sur le dos.
Fig. Sur soi, sur son corps. N'avoir rien à se mettre sur le dos.
Fig. Se laisser manger la laine sur le dos.
|| Loc. adj. En dos d'âne: qui présente un dos-d'âne. Pont en dos d'âne.
d2./d ZOOL Face supérieure du corps des vertébrés comprise, chez les tétrapodes, entre le cou et la croupe.
rII./r Par anal.
d1./d Partie d'un vêtement couvrant le dos.
Dossier. Le dos d'une chaise.
d2./d Partie supérieure et convexe de certains organes ou objets. Le dos de la main (par oppos. à paume). Le dos du pied (par oppos. à plante). Le dos d'une cuiller.
d3./d Envers d'un objet. Le dos d'un billet.
Voir au dos, au verso.

⇒DOS, subst. masc.
I.— [Le dos est envisagé comme la partie postérieure du tronc, quand la personne est vue de face; il est alors souvent considéré comme une surface]
A.— Partie postérieure du tronc de l'homme, qui s'étend des épaules aux reins. Dos voûté. Anton. face, poitrine, ventre. Les mains derrière le dos, la tête basse (VAN DER MEERSCH, Invasion 14, 1935, p. 213) :
1. ... elle étala ses épaules : elles avaient déjà des angles tout prêts pour le cercueil... Ses cheveux, un peu dénoués, glissaient avec de l'ombre dans le creux de son dos. Les omoplates saillaient. L'épine dorsale faisait toucher à l'œil chacun de ses nœuds.
GONCOURT, Renée Mauperin, 1864, p. 300.
2. Nous sommes là, couchés sur le dos, les bras au long des hanches, la nuque sur une pierre, pareils à deux figures tombales.
T'SERSTEVENS, L'Itinéraire espagnol, 1963, p. 83.
P. euphém. Bas du dos. Postérieur. La veste qui livre aux coups de pied le bas de votre dos (GLATIGNY, Fer rouge, 1870, p. 45).
P. méton., au fig., arg. Dos d'azur, vert ou p. ell., dos (p. allus. aux couleurs du maquereau). Souteneur (cf. FRANCE, 1907).
B.— Locutions
1. Loc. adv.
a) Dans, derrière le dos. Derrière soi, à une certaine distance. De temps à autre, le cœur battant, je faisais un brusque demi-tour : qu'est-ce qui se passait dans mon dos? Peut-être ça commencerait derrière moi, et, quand je me retournerais, tout d'un coup, ce serait trop tard (SARTRE, Nausée, 1938, p. 104).
b) De dos. Du côté du dos. Anton. de face. La statue m'apparaissait de dos (BRETON, Nadja, 1928, p. 26). On apercevait, de dos, deux femmes attablées (MARTIN DU G., Thib., Été 1914, 1936, p. 396).
c) Dos à dos. Dos contre dos. On les mettait dos à dos [deux enfants] pour comparer leurs tailles (POURRAT, Gaspard, 1925, p. 184).
Au fig. Mettre, renvoyer des personnes dos à dos. Ne donner raison, dans un différend, à aucune des parties. Les parties furent mises dos à dos avec défense de se censurer mutuellement (SAINTE-BEUVE, Port-Royal, t. 1, 1840, p. 262). Il semblait que cette petite fille les eût renvoyés dos à dos (BERNANOS, Le Soleil, 1926, p. 66).
Vieilli, emploi subst. masc. Dos(-)à(-)dos
♦ Voiture à deux sièges ayant un dossier commun. Nous nous servîmes du cabriolet des Irlandais. Il faut l'appeler un dos-à-dos, et non un vis-à-vis (MICHELET, Journal, 1834, p. 137).
♦ Siège double où les personnes assises se tournent le dos. Synon. boudeuse. Les dos-à-dos de cet honnête salon (BOURGET, Essai psychol., 1883, p. 34).
2. Loc. prép. À dos d'homme(s). Sur le dos (les épaules ou la tête) d'un ou de plusieurs hommes. Transporter à travers la brousse, à dos d'hommes, les lourdes pièces démontées de n'importe quelle embarcation (GIDE, Journal, 1927, p. 866).
3. Loc. verbales, souvent fig.
a) Verbe + (le) dos
Arrondir, courber, plier, tendre le dos. Prendre une attitude obséquieuse, soumise ou inquiète. [Jean] qui se taisait en arrondissant le dos, depuis qu'on parlait de Jacqueline (ZOLA, Terre, 1887, p. 294). Prolétaire? Mouton, oui, mouton, comme les autres. On vous tond, vous tendez le dos, et vous dites merci (ARAGON, Beaux quart., 1936, p. 324).
Avoir bon dos. Se voir attribuer des charges, supporter souvent abusivement des torts ou des vexations. Synon. avoir le dos large. Tapez sur Nana, tapez sur la bête! Oh! j'ai bon dos (ZOLA, Nana, 1880, p. 1468). C'est encore la garde qui fournira les piquets. Elle a bon dos, la garde! (ANOUILH, Antig., 1946, p. 204).
Vieilli. Avoir le dos au feu et le ventre à table. Prendre toutes ses aises, notamment à table. Buvez (...) mes bons amis le ventre à table et le dos au feu (COURIER, Lettres Fr. et It., 1825, p. 701).
Tourner le dos à qqn/à qqc. Se placer, être placé de façon à lui présenter le dos. « Je parie qu'il va se retourner pour voir si je l'ai vu », pensa Antoine. Il se trompait. Le gamin lui tournait le dos et ne s'occupait pas de lui (MARTIN DU G., Thib., Épil., 1940, p. 870).
♦ [Avec un compl. circ. de lieu] Allez dans une direction opposée à. On tournait le dos à Paris (ZOLA, Débâcle, 1892, p. 75).
Au fig. Cesser de fréquenter quelqu'un par dédain ou réprobation, ne pas s'occuper de lui. Deux amants brouillés qui se boudent, se tournent le dos (BALZAC, Peau chagr., 1831, p. 215).
P. métaph. La mémoire, tu le sais, tourne le dos aux vieillards (CRÈVECŒUR, Voyage, t. 2, 1801, p. 106).
Avoir le dos tourné. Être placé de façon à présenter le dos. Anne, le dos tourné dans un coin, ajuste sa grande coiffe devant un miroir (LOTI, Mon frère Yves, 1883, p. 192).
P. ext. Ne pas surveiller attentivement, s'absenter. De langage réservé devant ma mère, mais fort libre dès que ma mère avait le dos tourné (GIDE, Si le grain, 1924, p. 388). Dès que tu as le dos tourné, Folcoche en profite pour entrer dans ta chambre (H. BAZIN, Vipère, 1948, p. 257).
Pop. Scier le dos à qqn. L'importuner. Synon. pop. casser les pieds. Pourquoi nous sciez-vous le dos avec vos doléances? (FLAUB., 1re Éduc. sentim., 1845, p. 96). En avoir plein le dos.
b) Verbe + à dos. Se mettre à dos, avoir qqn à dos.
[L'obj. désigne un inanimé concr.] Présenter le dos à. Hannibal, avait eu l'attention de se mettre à dos le vent et la poussière (MICHELET, Hist. romaine, t. 2, 1831, p. 24).
[L'obj. désigne une ou plusieurs pers.] Se faire un ennemi de, indisposer. Je ne veux pas me mettre toute ma famille à dos (DRUON, Gdes fam., t. 2, 1948, p. 163).
c) Verbe + dans/derrière le dos
Agir dans/derrière le dos de qqn. Agir à son insu, manœuvrer secrètement ou hypocritement. Tu vas peut-être me dire ce que tu es venu foutre chez eux, comme ça, derrière mon dos, sans m'avertir (AYMÉ, Jument, 1933, p. 192).
Populaire
L'avoir dans le dos. Éprouver une déception, un échec. Synon. pop. l'avoir dans l'os (cf. Lar. Lang. fr.).
Avoir les pieds dans le dos. ,,Être poursuivi par les gendarmes`` (CARABELLI, [Lang. pop.]).
Faire un enfant dans le dos. Tromper. Synon. pop. cocufier. Honoré, (...) se disait (...) que Maloret n'allait pas lui faire un enfant dans le dos (AYMÉ, Jument, 1933, p. 137).
Passer la main dans le dos de qqn, tirer dans le dos de qqn.
d) Verbe + sur le dos
Avoir qqn/qqc. sur le dos. Supporter le poids d'une affaire, d'un désagrément, subir la présence de quelqu'un. J'ai eu, me disait-il, mille affaires pareilles sur le dos (CONSTANT, Cahier rouge, 1830, p. 97). Quel casse-pied! (...) voici deux jours que je l'ai sur le dos (CENDRARS, Bourlinguer, 1948, p. 51).
Battre qqn sur le dos d'un autre. ,,Faire retomber indirectement sur quelqu'un les reproches que l'on adresse à une autre personne`` (Ac. 1878, 1932).
Casser du sucre sur le dos de qqn.
Être sur le dos de qqn. Le surveiller de près, l'importuner. Si tu embêtes ton enfant, si tu es toujours sur son dos (HUYSMANS, Sœurs Vatard, 1879, p. 204). Être, sans cesse, sur le dos des gens, à les asticoter de toutes les manières (MIRBEAU, Journal femme ch., 1900, p. 28).
Pop. Être, aller sur le dos. Se prostituer. Il lui demanda furieusement d'où venaient ces rubans. Hein? c'était sur le dos, qu'elle avait gagné ça! (ZOLA, Assommoir, 1877, p. 723). Elle allait sur le dos comme pas une (M. STÉPHANE, Ceux du trimard, 1928, p. 150).
Mettre qqc. sur le dos de qqn. Lui en attribuer la charge, la responsabilité ou le tort, souvent abusivement. Synon. mettre sur le compte de. Mettre les fautes du livre sur le dos de l'imprimeur (RENARD, Journal, 1902, p. 738).
Emploi pronom. Se mettre qqc. sur le dos. Se charger de. Se mettre sur le dos des frais aussi lourds qu'inutiles (COURTELINE, Client sér., Une Opposition, 1897, p. 65).
Prendre qqc. sur son dos. En assumer la responsabilité. Synon. pop. encaisser. N'ayez point l'air de rien savoir. Je prends tout sur mon dos (SAND, Les Maîtres sonneurs, 1853, p. 341). [P. allus. au bouc émissaire de la Bible (cf. Lévitique 16/22)] « Pourquoi prendrais-je sur mon dos les péchés et les malheurs du monde? » (MARTIN DU G., Thib., Été 1914, 1936, p. 276).
Tomber sur le dos de qqn
♦ [Le suj. désigne une pers.] Se jeter sur quelqu'un pour l'attaquer (par derrière). La garnison, les habitants, les femmes leur tombèrent sur le dos [aux Anglais] et les mirent en déroute (FRANCE, Vie de Jeanne d'Arc, t. 2, 1908, p. 221). P. ext. Importuner qqn (en survenant à l'improviste). Pourquoi me tombez-vous sur le dos pendant que je suis occupé? (CLAUDEL, Guerre de trente ans, 1945, p. 569).
♦ [Le suj. désigne un inanimé abstr.] Être attribué à, lui incomber, comme quelque chose de pénible.
Rare. Tomber sur le dos et se casser le nez. Avoir des malheurs en cascade, jouer de malchance. On dit d'un homme tout à fait malheureux : il tombe sur le dos et se casse le nez (CHAMFORT, Caract. et anecd., 1794, p. 178).
Se réconcilier, s'accorder sur le dos de qqn. Se réconcilier, s'accorder au détriment d'une tierce personne. — Ils se détestent. — Mais ils s'accordent aussi, sur votre dos, ma pauvre amie (DRIEU LA ROCH., Rêv. bourg., 1939, p. 197). [Rousseau] eut le malheur de déplaire à la fois aux pieuses gens et aux encyclopédistes : d'irréductibles ennemis se réconcilièrent sur son dos (MAURIAC, Trois grands hommes devant Dieu, 1947, p. 80).
C.— Emplois partic.
1. P. méton.
a) AMEUBL. Partie d'un siège sur laquelle le dos peut s'appuyer. Dos du fauteuil. Synon. dossier. Ils ont posé leurs vestons sur le dos de leurs chaises (SARTRE, Huis clos, 1944, 5, p. 129).
b) VÊT. Partie d'un vêtement qui couvre le dos. Dos d'un habit, d'une robe. Anton. devant. La doublure du dos, des basques et des manches était composée de différents morceaux d'étoffes (CHAMPFL., Souffr. profess. Delteil, 1853, p. 44).
Dos nu, subst. masc. Vêtement féminin sans manches couvrant la poitrine et laissant nue la plus grande partie du dos. Ces dos nu en coton sont, pour prendre le soleil des filets idéaux (100 idées, Mai 1976, n° 31, p. 60).
2. P. anal. Partie postérieure d'une surface plane ou d'un ensemble. Dos d'une maison. Synon. envers. Un petit miroir rond à dos de celluloïd (MALRAUX, Conquér., 1928, p. 160).
En partic. [À propos d'un support d'écriture] Synon. verso. Dos d'un chèque; voir au dos (tourner la feuille pour lire le verso). Je t'envoie au dos de cette lettre un petit gribouillis (HUGO, Corresp., 1843, p. 609). Écris-moi ton adresse, au dos d'une carte postale (QUENEAU, Loin Rueil, 1944, p. 177).
RELIURE. Partie d'un livre relié ou broché, opposée à la tranche, sur laquelle se trouve la couture et qui porte généralement le titre. Dos brisé. Livres nombreux à dos de basane marqué de titres d'or (MALLARMÉ, Dern. mode, 1874, p. 771). Le sol était entièrement recouvert de volumes empilés... C'était de toutes parts des dos de veau à nervures et à fleurons, ... (FRANCE, Le Chat maigre, 1879, p. 217).
II.— [Le dos est considéré comme le haut du corps ou vu d'en haut, et souvent envisagé comme une forme]
A.— Haut du corps humain.
P. méton. [Pour désigner le corps en tant que porteur de vêtement] Cette femme, par tous les temps, avec une maigre robe sur le dos (GONCOURT, Journal, 1865, p. 151).
P. exagér. Ne rien avoir à se mettre sur le dos. Ne pas avoir de quoi s'habiller. Elle n'avait plus une robe à se mettre sur le dos (HUYSMANS, Sœurs Vatard, 1879, p. 102). Je n'ai même plus un complet à me mettre sur le dos (DUHAMEL, Désert Bièvres, 1937, p. 197).
B.— Partie supérieure du corps d'un animal, qui s'étend de la tête à la queue. Anton. ventre. Frotter le dos d'un cheval dans une écurie (BALZAC, Méd. camp., 1833, p. 137). Le tigre jaune au dos rayé s'étire et pleure (VERLAINE, Poèm. saturn., 1866, p. 84).
À dos de + subst. désignant une bête de somme ou que l'on monte. Sur le dos de. À dos de chameau. Parker décrivait la chasse à dos d'éléphant (MAUROIS, Silences Bramble, 1918, p. 64). Une journée de voyage en montagne, en partie à dos de mule (MONTHERL., Lépreuses, 1939, p. 1490).
Faire le gros dos. [Le suj. désigne gén. un chat] S'étirer en bombant le dos. Le matou qui lui lance un regard faux et louche, Et se roule à ses pieds en faisant le gros dos (GAUTIER, Albertus, 1833, p. 135).
1. Au fig. [Le suj. désigne une pers.]
a) Se donner de l'importance. Synon. usuel bomber le torse. Il [le chef du bateau] était occupé à faire le gros dos et à donner des ordres d'un air d'empereur romain pour le placement des équipages (STENDHAL, Mémoires d'un touriste, t. 1, 1838, p. 397).
b) Prendre une attitude résignée ou indifférente face à des vexations. Partout on ricane, on se moque de lui, on le nargue... Suter fait le gros dos, ne dit rien, encaisse tout, avanies et méchancetés (CENDRARS, L'Or, 1925, p. 234).
2. P. métaph. Un ciel profond, d'un bleu de roi superbe, avec un soleil jaune sur les toits et un air piquant et sonore. Les femmes « rosées » au contact de cet air subtil en faisant « gros dos » dans leurs fourrures en vraies chattes frileuses (BARB. D'AUREV., 2e Memor., 1838, p. 357).
C.— [P. anal. de forme]
1. Partie d'un relief naturel plus élevée que les parties voisines. Le dos de la colline s'arrondit pour s'incliner en deux pentes contraires (LAMART., Raphaël, 1849, p. 291).
P. métaph. Le dos de la mer. Quand le marin est soulevé avec son navire sur le dos de la vague (ALAIN, Propos, 1922, p. 431).
Dos d'âne. Surface bombée en forme de dos d'âne, dont les côtés forment talus ou contre-pente. Le dos d'âne qui s'étend entre le Saron et le Ghôr (RENAN, Hist. du peuple d'Israël, t. 1, 1887, p. 224).
En partic. Profil d'une route présentant cet aspect. Au sommet du dos d'âne de la rue du Commerce (RENAN, Hist. des orig. du Christianisme, Marc-Aurèle et la fin du monde antique, 1881, p. 303).
En dos d'âne. Qui présente deux pentes séparées par une arête. Pont en dos d'âne. Le sarcophage (...) que fermait un couvercle (...) taillé en dos d'âne (GAUTIER, Rom. momie, 1858, p. 176). Le toit en dos d'âne d'une galerie couverte qui menait du petit au grand lycée (GREEN, Journal, 1943, p. 79).
2. Partie d'un instrument, d'un ustensile opposée au tranchant ou au creux. Dos de la cuiller, de la fourchette, de la lame. Ils ont donné le coup avec le dos de la hache entre les cornes (RAMUZ, Gde peur mont., 1926, p. 128).
3. Emplois partic.
a) Usuel et ANAT. Partie supérieure d'un membre, d'un organe. Dos de la langue, du pied. Repousser du dos de la main une larme prête à couler (NODIER, Fée Miettes, 1831, p. 80). Tapoter la cigarette sur le dos de sa main, avant de la glisser entre ses lèvres (MARTIN DU G., Thib., Été 1914, 1936, p. 288).
b) BOT. Dos d'une feuille. Face d'une feuille qui porte les nervures. Dos d'une graine. Partie opposée au hile. Dos d'une strie. Partie saillante d'une strie.
Rem. Attesté ds la plupart des dict. gén. du XIXe et du XXe s. sauf Ac.
Prononc. et Orth. :[do]. Ds Ac. 1694-1932. On lie dos à dos [dozado]. Étymol. et Hist. Ca 1100 l'eschine ... del dos (Roland, éd. J. Bédier, 1201); id. de cels d'Espaigne unt lur dos turnez (ibid., 2445); ca 1393 le dos de la cuillier (Ménagier, II, 176 ds T.-L.); 1469 un dyament taillé en dos d'asne (Inventaire de Marguerite de Bretagne, p. 48 ds IGLF); 1680 avoir une personne à dos; avoir bon dos (RICH.). Du lat. vulg. dossum « dos », class. dorsum. Fréq. abs. littér. :7 446. Fréq. rel. littér. : XIXe s. : a) 5 362, b) 13 820; XXe s. : a) 14 736, b) 10 823. Bbg. GIR. 1834, p. 32. — GOTTSCH. Redens. 1930, passim. — LEW. 1960, p. 69. — QUEM. 2e s. t. 3, 1972. — RIGAUD (A.). Poisses d'avril. Déf. Lang. fr. 1971, n° 57, p. 19. — ROG. 1965, p. 28. — SAIN. Lang. par. 1920, p. 264.

dos [do] n. m.
ÉTYM. 1080, Chanson de Roland; du lat. pop. dossum, lat. class. dorsum, appliqué surtout aux animaux, et qui a éliminé tergum « dos humain ».
———
I
1 Partie postérieure (du corps humain) qui s'étend des épaules jusqu'aux reins de chaque côté de la colonne vertébrale. Colonne (vertébrale), échine. Vieilli. || L'épine du dos : la colonne vertébraleLe bas du dos. Derrière, fesse, rein. || Être large du dos : avoir les épaules carrées. Carrure. || Dos droit, voûté, cassé, rond, courbé (cit. 30). || Avoir mal au dos, dans le dos. || Déformation, maladies du dos. Bosse, cyphose, gibbosité, lordose, lumbago, nouure, scoliose… || Se faire brunir, rôtir le dos au soleil (→ Boire, cit. 31).
1 C'était un homme d'environ cinquante ans, à moustaches blanches, fort et grand, le dos voûté à la manière des vieux officiers d'infanterie qui ont porté le sac.
A. de Vigny, Servitude et Grandeur militaires, I, IV, p. 66.
2 Ce grand corps blanc teinté de rose, doté des longues jambes, du dos plat qu'on voit aux nymphes des fontaines d'Italie; la fesse à fossettes, le sein haut suspendu (…)
Colette, Chéri, p. 11.
3 (…) la pianiste qui se penche en creusant le dos (…)
J. Romains, les Hommes de bonne volonté, IV, XV, p. 155.
Avoir un bon dos (vieilli au sens concret), le dos solide (→ Compter, cit. 7).
4 Avec un si bon dos, ma foi, Monsieur Loyal,
Quelques coups de bâton ne vous siéraient pas mal.
Molière, Tartuffe, V, 4.
5 Ce petit homme, au dos solide, les épaules larges et vénérables, marche à pas comptés.
André Suarès, Trois hommes, « Ibsen », III, p. 108.
Loc. fig. Avoir le dos solide : avoir de grandes ressources, une situation financière qui permet de supporter de lourdes charges, des pertes importantes (→ Avoir les reins solides).
Avoir bon dos : être chargé d'une responsabilité, servir de prétexte (personnes; choses). || Sa mère a bon dos, son travail a bon dos : sa mère, son travail (évoqués)… sont de mauvais prétextes.
5.1 L'adjudant qui a joué un rôle effacé, regarde au loin tristement; il prétend qu'il pense tout le temps à sa femme. Sa femme a bon dos.
Drieu La Rochelle, la Comédie de Charleroi, p. 218.
Le dos lui démange (cit. 5).
Courber, plier le dos (l'échine) sous un fardeau, sous la pluie.Tomber sur le dos. || Dormir sur le dos.Fig. Céder (→ Courber, cit. 4), résigner (se).Tendre le dos, pour porter un fardeau (→ Corps, cit. 28).Fig. Tendre le dos sous les coups, sous la fatigue (→ Clairon, cit. 2).
Faire le gros dos : se ramasser sur soi-même (pour se protéger, etc.); → infra, 2.
6 Nous faisions le gros dos sous la pluie.
R. Dorgelès, les Croix de bois, IV, p. 63.
6.1 Donc, on se serrait les uns contre les autres à quarante ou cinquante, en faisant le gros dos.
Drieu La Rochelle, la Comédie de Charleroi, p. 55.
Vx (fig.). Faire le gros dos : affecter des airs importants.
7 (…) qui, faisant le gros dos, la main dans la ceinture,
Viennent, pour tout mérite, étaler leur figure ?
J.-F. Regnard, le Joueur, I, 2.
8 (…) à force (…) de faire l'important et le gros dos, il (le fils de Saumery)imposait à une partie de la cour (…)
Saint-Simon, Mémoires, t. I, XLVII.
(1809, in D. D. L.). Fam. (par euphém.; → Cul). Plein le dos. || En avoir plein le dos de (qqn, qqch.) : être excédé par (qqn, qqch.). || J'en ai plein le dos : j'en ai assez. Syn. : en avoir plein le cul, ras le cul; en avoir ras le bol.
8.1 Le soir, chez Zola, que je trouve triste, morose, agité du désir de quitter Paris, « dont il a plein le dos ».
Ed. et J. de Goncourt, Journal, t. VI, p. 136.
9 Je passe ma vie à me faire engueuler; j'en ai plein le dos, à la fin !
Courteline, Boubouroche, Comédie, I, 1, p. 104.
Loc. Fardeau, charge qui scie le dos, qui fait mal.Fig. || Scier le dos de qqn, l'ennuyer, l'importuner. || Il me scie le dos avec ses histoires. Syn. : casser les pieds.
(Avoir le) dos à (qqch.), appuyé contre (qqch.).
9.1 (…) la nouvelle arrivante, effrayée par les grondements menaçants de l'animal, se réfugie contre le mur du fond, dans la partie située sur la gauche de l'escalier, où elle se plaque dos à la pierre.
A. Robbe-Grillet, la Maison de rendez-vous, p. 43.
Fig. Avoir le dos au mur : être poussé dans ses derniers retranchements. Acculé (être).
Loc. prov. Avoir le dos au feu, le ventre à table : être confortablement installé pour manger, et, par ext., se donner toutes les aises.
Tourner le dos (à qqn, qqch.) : se présenter de dos. || Dans la mise en scène traditionnelle, les acteurs ne doivent pas tourner le dos au public. || Le dos tourné à la porte : le dos faisant face à la porte.
10 Elle est assise auprès de sa fenêtre, le dos tourné à la porte (…)
Beaumarchais, le Barbier de Séville, III, 2.
11 Si elle avait deviné que j'étais là, pourquoi s'obstinait-elle à me tourner le dos ?
H. Bosco, Hyacinthe, p. 41.
Fig. Tourner le dos à qqch., négliger, refuser de voir, de reconnaître, de considérer.
12 Nous tournons le dos à la vérité.
Bossuet, Respect, 2.
13 Malheur à qui vit l'œil ouvert sur le monde matériel et le dos tourné au monde inconnu !
Hugo, Post-scriptum de ma vie, De la vie et de la mort.
14 Enfin, il lui semblait qu'il devait écarter le risque de rompre avec eux; qu'en s'éloignant d'eux, c'était à sa chance qu'il tournait le dos.
J. Romains, les Hommes de bonne volonté, V, XVIII, p. 128.
Vx. || Tourner le dos : s'en aller, s'éloigner un moment (→ Cheminer, cit. 3).Montrer, tourner le dos à l'ennemi : fuir ( Casaque). — ☑ Mod. Avoir le dos tourné : être parti (pour un moment). || Dès qu'il a le dos tourné : dès qu'il s'absente un instant. Aller (s'en aller), partir.
15 (…) ceux qui se font les plus grandes amitiés du monde, et qui, le dos tourné, font galanterie de se déchirer l'un l'autre (…)
Molière, l'Impromptu de Versailles, 4.
Tourner le dos à qqn : se détourner de qqn pour échapper ou pour couper court à un entretien. Fig. Cesser de fréquenter qqn, en marque de réprobation, de dédain, de mépris ( Dédaigner, mépriser). || Tous ses amis lui ont tourné le dos. Abandonner.
16 (…) le professeur Vernet, qui me tourna le dos, comme tout le monde, après que je lui eus donné des preuves d'attachement et de confiance qui l'auraient dû toucher (…)
Rousseau, les Confessions, VIII.
17 Un quant à soi qui touche à la grossièreté, et qui serait offensant pour le voisin, s'il n'en rendait pas l'offense. Les femmes n'en sont pas exemptes; de là, cet air de roideur et de tourner le dos aux gens, qu'elles ont volontiers.
André Suarès, Trois hommes, « Ibsen », I, p. 73.
Tourner le dos à (qqch., un lieu) : marcher dans une direction opposée à celle que l'on veut ou que l'on doit prendre. || Vous voulez aller au village ? mais vous lui tournez le dos.
À dos : derrière soi. Vx. || Avoir l'ennemi à dos, prêt à attaquer par derrière. — ☑ Fig. (mod.). Se mettre qqn à dos, s'en faire un ennemi. || Il s'est mis tous ses collègues à dos, en prenant une telle attitude.
Sac à dos, qui se porte sur le dos.
Loc. À plat dos. → Plat, cit. 8.1.
Au dos : dans le dos, sur le dos. || Mettez les mains au dos, derrière le dos (→ Corrégidor, cit.). — ☑ Mettre le sac au dos. Fig. S'apprêter à partir. || Sac au dos ! : en avant !
Dans le dos. a Sur le dos, au dos, derrière le dos. || Carré de toile que les coureurs portent dans le dos (→ Dossard). || Cacher qqch. dans son dos, derrière son dos. || Porter ses cheveux dans le dos (→ Ânonner, cit. 4). — ☑ Fig. Agir dans le dos de qqn, sans qu'il s'en aperçoive, sans le prévenir. — ☑ Passer la main dans le dos de qqn, le flatter. — ☑ Faire froid dans le dos. Effrayer. — ☑ Tirer dans le dos de qqn, par derrière (→ Coup, cit. 44); fig. chercher à lui nuire hypocritement, sans qu'il puisse se défendre.
18 S'il y avait, venant de l'extérieur justement, un coup dur, elle se garderait bien de vous tirer dans le dos.
J. Romains, les Hommes de bonne volonté, III, XVII, p. 232.
18.1 « Marc, tout est consommé ! Dans les bois près d'Évreux ! » Petrus tenait l'écouteur contre son oreille. Je fus pris à l'instant d'un grand froid dans le dos et me lançai dans une quinte de toux fracassante (…)
Maurice Clavel, le Tiers des étoiles, p. 121.
Il est toujours dans son dos. → Sur son dos (ci-dessous).
b (Euphém.; → Cul). Fam. et vulg. L'avoir dans le dos : être dupé, trompé. Avoir (se faire avoir). — ☑ Loc. Faire un enfant dans le dos à qqn, le tromper, l'« engrosser » par traîtrise, « faire l'amour » par derrière ou encore, « cocufier » (alors interprété comme : faire un enfant à une femme dans le dos du mari).
18.2 — Vous vous moquez de moi, monsieur Salomon. Ce n'est pas gentil, je vous ai toujours vénéré, comme vous n'êtes pas sans ignorer.
— Laissez la langue française tranquille, Jeannot. N'essayez pas de la sauter, elle aussi. Vous ne lui ferez pas un enfant dans le dos, je vous assure. Les plus grands écrivains ont essayé, vous savez, et ils sont tous morts, comme les derniers des analphabètes.
É. Ajar (R. Gary), l'Angoisse du roi Salomon, p. 213.
De dos : du côté du dos (opposé à de face). || Se regarder de dos, dans une glace. || Se voir de dos (→ Cambrer, cit. 3; combine, cit. 24). || C'est elle, vue de dos, montrant le dos. || Cette coiffure est mieux de dos.Plais. || Cette personne est belle, de dos, elle est laide.
Loc. fam. Le même vu de dos : le même, mais on ne s'en aperçoit pas.
Derrière le dos. || Mains liées derrière le dos. || Mettez les mains derrière le dos ! || Cacher qqch. derrière son dos. — ☑ Fig. Faire qqch. derrière le dos de qqn, sans qu'il en soit averti, sans son consentement (→ Apprêter, cit. 15).Jeter qqch. derrière son dos, traiter comme quantité négligeable, ne pas s'en soucier. Balancer (s'en balancer).
Dos à dos [dozado; doado]. || Placer deux personnes dos à dos, chacune tournant le dos à l'autre ( Adosser). Fig. || Renvoyer les deux parties dos à dos, sans donner raison à l'une plus qu'à l'autre.
18.3 Ce qui est injuste, Monsieur Borne, c'est de renvoyer dos à dos les auteurs des catastrophes nationales et ceux qui s'efforcent de les réparer (…)
F. Mauriac, Bloc-notes 1952-1957, p. 156.
Sur le dos. || Se coucher, s'étendre, se mettre, s'allonger sur le dos. Décubitus (dorsal). || S'appuyer sur le dos. Adosser (s'); → Asseoir, cit. 1, 10. — Dormir sur le dos.Fig. et vx. Être, rester sur le dos : être malade, alité, couché.(1905, in Petiot). || Nage sur le dos.
Pop. Être, aller sur le dos : se prostituer. → Horizontale.
18.4 — Et tes boucles d'oreilles, combien qu'elles coûtent ? (…) On voit que tu gagnes ça sur le dos.
— Pardi elle fait son quart au coin de la rue de Mondétour.
Zola, le Ventre de Paris, t. I, p. 187.
Porter une charge sur le dos (→ Bandoulière, cit. 2). || Avoir un sac sur le dos (→ supra, sac au dos).
19 Ils traversaient l'enfer de la soif en tirailleurs, une mitrailleuse sur le dos, des grenades à la main.
P. Mac Orlan, la Bandera, VIII, p. 91.
Fig. Mettre qqch. sur le dos de qqn, l'en accuser, l'en rendre responsable. Charger, jeter (sur), rejeter (sur). || Prendre qqch. sur son dos, s'en rendre responsable.
20 (…) il n'y a rien de plus commode et de plus tôt fait que de tout jeter sur mon dos.
Mme de Sévigné, 1359, 17 juil. 1693.
21 Tout ce qu'on mettait sur leur dos pour justifier des mesures de répression dont on avait besoin.
J. Romains, les Hommes de bonne volonté, IV, X, p. 103.
Se mettre qqch. sur le dos, prendre en charge.
Jeter un vêtement sur son dos, sur ses épaules. Par exagér.N'avoir rien à se mettre sur le dos : avoir une garde-robe dégarnie.Il n'a pas une chemise à se mettre sur le dos : il est extrêmement pauvre.
Loc. Se laisser manger, tondre la laine sur le dos : se laisser exploiter, dépouiller sans rien dire.
Frapper qqn sur le dos (→ Assommer, cit. 3; bâton, cit. 9).
22 (…) que je prendrais de joie à venger sur son dos tous les pas inutiles que sa jalousie nous fait faire !
Molière, le Sicilien, 4.
Loc. (vx). Battre qqn sur le dos d'un autre : faire devant qqn la critique, le procès d'une personne de telle manière que critiques et reproches retombent en fait sur l'interlocuteur — ☑ Faire pénitence sur le dos d'autrui (cit. 13), à ses dépens.Faire fortune sur le dos des pauvres gens. → Politicailleur, cit.
Tomber sur le dos, à la renverse; (fig.) être surpris (→ Sur le cul). || Tomber, sauter sur le dos de qqn, se jeter sur lui, par derrière.Par ext. || Les ennemis nous sont tombés sur le dos, ils ont attaqué alors qu'on ne s'y attendait pas. Attaquer.Fam. || Nous ne l'attendions pas, il va nous tomber sur le dos d'un moment à l'autre, arriver à l'improviste (en parlant d'une personne indésirable). || Cela vous retombera sur le dos : c'est vous qui en supporterez les conséquences (→ Alourdissement, cit. 2).
23 Des actions d'autrui on nous donne le blâme,
Si nos femmes sans nous ont un commerce infâme,
Il faut que tout le mal tombe sur notre dos !
Molière, le Cocu imaginaire, 17.
Être sur le dos de qqn, pour le surveiller, pour lui demander un service (→ Coin, cit. 14). || Il est toujours sur mon dos : il passe son temps à me surveiller, à me harceler (syn. : dans mon dos). || Avoir qqn sur le dos.
23.1 (…) on ne peut pas les laisser seuls un instant, il faut être constamment derrière eux, surveiller chaque geste qu'ils font (…) Seulement voilà on est toujours trop délicat, elle a si peur de les troubler (…) On se figure que ça les empêche de bien travailler, qu'on soit là toujours sur leur dos (…)
N. Sarraute, le Planétarium, p. 13.
23.2 M. Cornelis prend un temps avant d'ajouter :
— Et la presse ?
— Ah ! la presse, je l'ai sur le dos sans interruption depuis hier.
René Floriot, La vérité tient à un fil, p. 71.
2 Face supérieure du corps (des animaux). || Dos d'un lapin, d'un lièvre. Râble. || Extrémité postérieure du dos des oiseaux. Croupion. || Harnais fixé sur le dos d'un cheval. Dossière, surdos. || Grimper, monter sur le dos d'un cheval. Monter (un cheval); → Colporteur, cit. 2. || Dos d'âne. Fig. Âne (4.). || Transport à dos de chameau. || Aller à dos de mulet.
24 Au piquet, les mulets de la section de mitrailleuses poussaient de petits cris, ruaient et se mordaient le dos.
P. Mac Orlan, la Bandera, XIII, p. 158.
Par anal. || À dos d'homme : transporté par un homme.
24.1 (…) il reste un espace marécageux que nous traversons à dos d'homme.
Gide, Voyage au Congo, in Souvenirs, Pl., p. 839.
T. de manège. (Dos du cheval). || Dos long. || Dos court, signe de force. || Dos large. || Dos double, dans lequel on remarque un léger sillon. || Dos trop concave. Ensellé.Dos de carpe (d'un mulet) : dos trop convexe.
Loc. Faire le gros dos, se dit d'un chat qui bombe le dos en raidissant les pattes postérieures.Loc. fam. Faire la bête à deux dos. Bête (cit. 22.1 et supra).
(V. 1900). Spécialt (argot anc.). || Dos vert, dos : proxénète ( Maquereau).
24.2 À bas la romance et l'idylle (…)
Des marlous, de la grande ville,
Nous allons chanter la chanson !
V'là les dos, viv'nt les dos !
C'est les dos les gros
Les beaux
À nous les marmites !
A. Bruant, Dans la rue, « Marche des dos », p. 46.
———
II Par anal. (Ce qui, par sa forme, sa position, sa destination, offre une analogie avec le dos de l'homme ou de l'animal).
1 Partie (d'un vêtement) qui couvre le dos. || Manteau à dos ample, plissé. || Dos ceintré. || Dos d'une cuirasse ( Dossière). || Robe à dos nu.N. m. || Un dos nu : vêtement de femme dégageant largement le dos.
2 Dossier. || Le dos d'une chaise, d'un fauteuil.
24.3 — Qu'est-ce que tu as derrière la tête ? lui demanda Valentin.
— Le dos de ma chaise, répondit Julia qui n'était pas bien grande et qui était assise dans un fauteuil.
R. Queneau, le Dimanche de la vie, p. 167.
3 Sc. nat. Partie supérieure et convexe. || Le dos du nez, du pied, de la main (→ Cigarette, cit. 1), le dos de la langue (→ 2. Bol, cit.).
Bot. || Dos d'une strie, d'une graine, d'une feuille.
Cour. || Dos d'une fourchette, d'une cuiller, partie extérieure de l'extrémité utilisée. — ☑ Fig. Ne pas y aller avec le dos de la cuiller (cit. 5).Le dos d'une brosse.
Le dos d'une colline, d'un mamelon. Contre-pente (→ Cramponner, cit. 9).
Poét. || Le dos d'une vague.
25 Cependant sur le dos de la plaine liquide
S'élève à gros bouillons une montagne humide (…)
Racine, Phèdre, V, 6.
4 Côté opposé au tranchant. || Le dos d'une lame, d'un couteau.
5 a Rare. Partie postérieure d'une surface. Arrière, derrière. || Le dos d'une maison (opposé à façade).
b Cour. Partie (d'un livre) qui unit les deux plats. || Les tranches et le dos. || Titre au dos d'un livre (cf. Quatrième de couverture). || Dos à nerfs. || Dos cartonné, dos brisé. || Dos collé, cousu. || Le relieur doit réparer les dos, mais les plats sont bons.
c Envers (d'un papier écrit). Arrière, verso. || L'endroit et le dos de la feuille.Au dos. || Mettre son adresse au dos d'une enveloppe. || Signer au dos d'un chèque ( Endosser). || Voir au dos. Verso.
CONTR. Ventre; face; façade. — Plante (du pied); plat (de la main).
DÉR. Dossard, dosse, dossier, dossière.
COMP. Ados, adosser, dos-à-dos, dos-d'âne, endos, endosser, extrados, intrados, surdos. — Gratte-dos, lave-dos.
HOM. Do.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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